Avant-propos
Vous cherchez la vérité. C’est déjà une erreur, mais elle est humaine, je la pardonne.
Ce que l’Empire appelle histoire, ce que l’Ordre appelle foi, ce que les corporations appellent progrès, tout cela n’est qu’une seule et même chose vue par des yeux ayant un prisme d’intérêt. On vous a appris à choisir un camp. Moi, je vous propose autre chose : Une ascension. Regarder d’en haut. Comprendre que ces galaxies brûlent depuis bien avant vous, et qu’elles brûleront bien après.
J’ai consigné ce qui suit au fil des jours, inlassablement. Les mondes, les lieux, les forces, les visages. Certains me servent. D’autres m’amusent. L’Ordre Noir, lui, m’intéresse : ces croyants ont entrevu quelque chose de vrai, et ils le portent comme un croix dont ils ont la responsabilité, avec fureur et détermination. Une force aussi cruelle que leurs méthodes. Je les aide, parfois. Pour mes raisons. Ne vous fatiguez pas à chercher lesquelles. Chaque chose en son temps.
Lisez sans croire. Lorsque vous approcherez de la falaise, vous saurez qu’il est désormais le temps de choisir votre destinée.
Tania Harding

La Cosmogonie
Tout le monde se trompe sur l’origine de l’Univers, avec une conviction admirable. L’Empire en a fait un accident administratif, l’Ordre une naissance de feu et de chaos. Ils ont tous les deux raison, à leur façon, mais ils manquent toutefois l’essentiel. Voici comment ce monde est né, et pourquoi il n’a jamais cessé de se déchirer. C’est la clef de tout le reste, même si peu la retournent correctement dans la serrure.
Les Mondes
Des milliers de mondes ont été semés par plusieurs espèces qui se croyaient les seuls maîtres de forces qui les dépassent. La plupart de ces mondes ne sont que réceptacles vides et stériles. Quelques-uns comptent : celui qui porte un Trône millénaire, celui d’un Forge qui dépasse lès règles de son monde, celui d’un Temple qui changera à jamais le destin de l’univers entier. Je les ai fréquentés, pour la plupart. J’y ai laissé des choses, et j’en ai pris certaines. Ces pages vous diront lesquelles. Enfin, une partie.
Les Hauts Lieux
Les hommes consacrent des lieux comme d’autres respirent : sans y penser, et toujours trop tard. J’ai vu ces lieux avant qu’ils ne portent ces noms. Je les ai vus après aussi. La différence entre les deux versions, c’est toujours du sang.
Les Puissances
L’Empire, les corporations, les cartels, les factions. Chacun croit tenir la galaxie alors qu’ils n’en tiennent qu’une miette. Tous alimentent ensemble un joli brasier hors de contrôle qui rééquilibre le balancier en permanence. J’observe leurs alliances fragiles et leurs haines durables avec le même intérêt qu’on regarde un jeu dont on connaît l’issue mais dont les actions sont souvent prévisibles et quelquefois surprenantes. Ce chapitre dresse l’état des forces. Pour l’Ordre, toutes ces forces sont un seul et même obstacle à un destin ultime. Pour moi, ces puissances sont un équilibre qui n’attend qu’à se rompre.
La Technologie
Les vaisseaux baptisés par le sang, les intelligences artificielles qui se prennent pour des âmes, les machines de guerre qui frôlent le sacré. Chaque époque fabrique les dieux qu’elle mérite, et la vôtre les fabrique en série. Ces créations ont changé le cours des batailles, et parfois le destin de ceux qui les portaient. J’ai vu de près certaines d’entre elles faire les deux à la fois.
Les Artefacts
Un respirateur qui fut jadis une chaîne. Un masque de céramique que nul n’a jamais vu retirer. Une chambre où le temps n’agit plus selon sa volonté. Les objets survivent aux hommes, aux femmes, aux empires, aux dieux. Ils se souviennent, à leur manière, et mieux qu’eux. L’Ordre garde chacune de ses reliques comme un serment. Ce chapitre raconte ce que les objets ont vu. L’un d’eux, vous ne le trouverez pas ici. Vous le portez peut-être sur vous en lisant ces lignes.
Les Rites & Divinités
L’Anam Cara. L’Eau de Lazare. L’Amok. Le test de Voynich. Redemptae. Les hommes appellent cela des superstitions quand ils les observent de loin, et des certitudes quand ils les pratiquent de près. Certains de ces rites touchent à quelque chose de réel, de plus ancien que l’Ordre, plus ancien que l’Empire, plus ancien que beaucoup de choses dont je pourrais vous parler. Je m’arrête ici. Ce chapitre décrit la foi noire mieux qu’elle ne saurait le faire elle-même.